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   Bien que saga6t eut pris le parti de passer par-dessus le terre-à-terre pour s’élancer vers les hautes altitudes de la culture, nous sommes rattrapés par l’actualité. Car le coronavirus, que certains plaisantins appellent déjà le “couillonavirus” s’attaque prioritairement (ce que les épidémiologistes n’ont pas encore constaté) à la culture. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater l’état alarmant de notre chère Cité, frappée de plein fouet par la psychose virale et littéralement vidée de sa substance organique, comme si ce nouveau fléau était aussi destructeur que le sinistre Ebola. Nouveau ! n’allons pas si vite, qu’est-ce qu’un virus ? Un virus est un agent infectieux nécessitant un hôte, souvent une cellule, dont il utilise le métabolisme et les constituants pour se répliquer.  “Virus” vient du latin uirus, signifiant : suc, jus, humeur, infection, venin, poison et, par extension, idée dangereuse qui se répand.

Il arrive à pied par la Chine

Il arrive à pied par la Chine

    Mais attention ! “Tout est dans tout, et réciproquement” or il y a aussi les paléo-virus, les virus du passé. On les croyait éteints, mais qui reviennent à la charge avec le réchauffement climatique, quand les cadavres d’animaux pris dans les glaces dégèlent (rennes, mammouths). Le dégel du permafrost, cette couche de sous-sol gelée qui borde le cercle polaire, libère beaucoup de matière organique restée piégée dans la glace et précisément aussi des paléo-virus. La combinaison du changement climatique et du risque épidémiologique débouche donc sur un scénario-catastrophe comparable à la peste noire qui a frappé l'Europe en 1347, provoquant une hécatombe mondiale. Dans le Décaméron de Boccace (1313-1375) est dépeinte une société désorganisée : tandis que des personnes se cloîtrent chez elles, d’autres folâtrent dans les rues ou dans les tavernes, persuadées que le rire est le meilleur remède que c’est enfin l’occasion d’agir selon leurs caprices. Mais le scénario de la peste est complexe, le climat ne joue que le rôle d’élément déclencheur et les nouvelles routes d’échange entre l’Europe et l’Asie expliquent la rapidité de la diffusion. Rien de nouveau sous le soleil, ce grand ordonnateur du climat ! Cependant on est encore loin de comprendre tous les mécanismes de la pandémie du XIVe siècle, bien que grâce au recul on la comprenne mieux que la situation actuelle.

Masque de médecin au carnaval de Venise – Le Triomphe de la Mort» par Pieter Brueghel l'Ancien (1562, Musée du Prado) – Le docteur masqué

Masque de médecin au carnaval de Venise – Le Triomphe de la Mort» par Pieter Brueghel l'Ancien (1562, Musée du Prado) – Le docteur masqué

    La situation actuelle c’est, alors que le dérèglement climatique est dans la ligne de mire, une pandémie propagée par le transport aérien et l’absence de cordon sanitaire. Le coronavirus a jailli comme un diable qui sort de sa boîte, réputé venir d’une fantasmagorique chauve-souris (rappelez-vous de la survenue du SIDA). En un temps record il a mis la planète c’en dessus dessous. Alors que le virus passe d’un continent à l’autre, nous sommes, quant à nous, confinés pour ne pas dire séquestrés. C'est l'immobilisation générale ! Tout est fait pour créer la panique et les commerces d’alimentation se sont faits dévaliser car le citoyen lambda déboussolé essaye, tant bien que mal, de se constituer une BAD selon les préceptes du truculent Pierre de Saint-Georges. Naturellement les bourses se font hacher menu et nul besoin d’être grand clerc pour prévoir que cette descente à pic va les ramener en dessous des plus bas de 2008. Car aussi bien, alors la crise des subprime était une maladie de pauvres, le coronavirus va privilégier les privilégiés ramollis par leur mode de vie. Tous n’en mourront pas mais tous seront frappés ! Toutes ces mesures de santé publique, inspirées de l’autoritarisme communiste chinois, ne visent qu’à créer une bulle stérile imaginaire dans un monde devenu totalement incertain.

En avoir ou pas

En avoir ou pas

    Mais dans l’état actuel des choses, la victime la plus touchée est la culture, en état de mort clinique. La Cité Universitaire en témoigne, avec ses allées désertées. Les Maisons les plus accueillantes se sont barricadées et tous les événements culturels y ont été annulés avec une avalanche de courriels reprenant en écho le même message apocalyptique. De même pour les centres culturels étrangers à Paris, les galeries, les concerts dans les églises et jusqu’aux terrasses de café et la rue elle-même, tous sont frappés du même marasme. Donc, sous prétexte de nous protéger d’un virus on nous menace de privation sensorielle par ablation de notre perception esthétique et intellectuelle avec éventuellement, en sus, notre vie affective et spirituelle. Mais alors que nous sommes menacés d’un fléau qui n’a rien à envier aux dix plaies de l’Egypte, nous voulons rester confiants. Et pour imiter le regretté Docteur André Gernez, qui ne terminait jamais un de ses exposés sur les pathologies sans proposer une solution. Nous vous rapportons que, pour lutter contre le coronavirus, nous avons un remède de bonne femme : le rakia ! C’est une eau-de-vie obtenue par la distillation de jus de fruits fermentés, très populaire dans les Balkans et alcool national en Bulgarie, Serbie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, République de Macédoine, Albanie et Monténégro. Avec cela, vous voilà parés, au moins pour passer un bon moment de convivialité.

La Cité en quarantaine

La Cité en quarantaine

Tag(s) : #Editorial
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