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La Compagnie PAF!

La Compagnie PAF!

Ce mardi 7 mars la Fondation Biermans-Lapôtre nous a présenté un spectacle hors norme, avec la soirée d’improvisation, organisée par la Compagnie PAF! Cette jeune compagnie théâtrale professionnelle, basée sur Paris, a pour but d’explorer un vaste répertoire à travers des textes classiques ou contemporains, des spectacles pour enfants, du théâtre-action ou encore de l’improvisation, comme c’était le cas ce soir là, avec un côté expérimental fort intéressant.

Le spectacle se déroulait de façon aléatoire en tirant au sort des petits papiers dans deux chapeaux, qui définissait la mise en scène et le thème. Ensuite la représentation se déroulait manu militari sous la direction d’un “coach” chronomètre en main et sifflet au bec. Cette métaphore sportive apportait une légitimité exceptionnelle au nouvel anglicisme à la mode : le mot “performance” pour tout et n’importe quoi.

Les nombreuses improvisations qui se sont succédé mériteraient chacune une analyse approfondie, mais nous ne retiendrons que la dernière, et la plus originale, qui était une parodie des Trois Mousquetaires. On se souvient de la version théâtrale de ce célèbre roman de Dumas, mise en scène par Roger Planchon en 1968 au Théâtre de la Cité de Villeurbanne qui procédait à une vive accélération de l’intrigue romanesque. Le principe est le même avec la Compagnie PAF! mais poussé à l’extrême dans la concision et la rapidité de l’action. Cela s’enchaîne tellement parfaitement qu’on a du mal à croire qu’il s’agisse là d’improvisation. En tout cas, le texte écrit donnerait du meilleur Dumas... un Dumas qui aurait décidé de ne plus prendre ses héros au sérieux, mais sans leur nuire le moins du monde.

Dans ces Mousquetaires revisités, les ferrets de la reine que, dans Dumas, ils devaient aller reprendre au duc de Buckingham, deviennent un “artefact” dissimulé dans une église en Espagne – Les Pyrénées ont remplacé la Manche. Les gardes du Cardinal qui les pourchassent sont devenus des dames, mais bien sûr de redoutables bretteuses. Enfin la lutte est à mort n’empêche évidemment pas l’amour, et c’est l’occasion d’introduire là dedans une micro-intrigue du style Roméo et Juliette, ce à quoi même Dumas n’avait pas pensé. Les chevauchées, les combats, la mission, le retour... tout cela se déroule sur un rythme endiablé, soutenu par des comédiens très imaginatifs et possédant un art consommé de la mimique qui leur permet de nombreux effets comiques. Et, en deux temps trois mouvements, de cape et d’épée, nous avons relu les Trois Mousquetaires en un clin d’oeil.

Frédéric Sausse

Tag(s) : #Article de presse

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