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De fil en aiguille, la Galerie Philomuses (voir l’article : “Un duo made in La Cité – Le Duo Nishi à la galerie Philomuses” du 14 octobre 2016) nous a conduit le 20 octobre au Cercle du Pont des ARTS’MONIES, dans les salons de cette association ou de son directeur artistique Daniel Guillaume. Le Cercle se donne pour mission des soutenir les artistes, en organisant régulièrement des rencontres dans divers lieux dont ce salon du quartier St-Augustin où se retrouvait pour l’occasion le Gotha parisien. Pour ne citer qu’une des personnalités présentes nous mentionnerons la comtesse Tostoï, descendante par alliance du grand romancier que tous le monde connaît, qui, invitée à prendre la parole, n’a pas manqué d’encourager vivement l’assistance à aller visiter la Maison-propriété Léon Tolstoï, où avait vécut le grand écrivain russe, près de la ville de Toula à 200km au Sud de Moscou.

Daniel Guillaume – Dimitri Malignan – Le reporter pris à son propre piège

Daniel Guillaume – Dimitri Malignan – Le reporter pris à son propre piège

S’il fallait établir un lien, nous dirions que le jeune pianiste que nous étions venus applaudir ce soir-là s’appelle Dimitri, bien que d’origine roumaine et né à Paris en 1998. Ce jeune artiste, qui a débuté le piano à l'âge de 5 ans, donne régulièrement des récitals de musique de chambre, parfois à l'étranger mais le plus souvent en France, et on l’a déjà entendu un peu partout à Paris et notamment à la Cité Universitaire. Doté de nombreux prix, il présente toujours des programmes variés basés sur un vaste répertoire et s’applique à jouer des pièces peu connues, mais éventuellement de compositeurs très connus, comme c’était le cas pour cette soirée intitulée : Récital Romantique Chopin-Schumann.

En introduction Dimitri Malignan nous présentent les deux compositeurs comme des frères jumeaux symbolique, Schumann étant le Chopin allemand. De fait, ils étaient deux piliers de la génération romantique, nés la même année 1810. Essentiellement connu pour sa musique pour piano et ses lieder, Robert Schumann est le compositeur par excellence du romantisme allemand, avec son univers musical habité par la passion, le tourment, l'humour... Et, comme journaliste, Robert Schumann a lancé Chopin en Europe en saluant son génie, qu’il admirait tant qu’il a intitulé une de ses oeuvres “Chopin” (placée pour la soirée en tête du programme). Chopin, le musicien du déchirement et de la transmutation de la musique populaire en musique savante, semble avoir eu moins à dire sur Schumann ni ne lui avoir voué une quelconque admiration, bien qu’il lui ait quand même consacré sa Ballade n ° 2. Ils ne se seraient  rencontrés que deux fois, mais malgré tout, la postérité a réuni Chopin et Schumann, au-delà de leur différence comme deux âmes emblématiques de la période romantique, qui était aussi, au 19ème siècle, celle de la bourgeoisie et de son instrument de prédilection, le piano-forte.

Programme du concert Schumann et Chopin, le pur romantisme
-Schumann : "Chopin" (extrait du Carnaval, op. 9)
-Chopin : Ballade n°1 en sol mineur, op. 23
-Schumann : Romanze en fa# majeur, op. 28 n°2
-Schumann : Sonate n°1 en fa# mineur, op. 11
    Introduzione (Un poco Adagio) / Allegro vivace / Aria
    Scherzo (Allegrissimo) e Intermezzo (Lento)
    Finale (Allegro un poco maestoso)
-Chopin : Scherzo n°4 en mi majeur, op. 54

Le concert devait forcément être balancé entre les oeuvres des deux compositeurs. Nous nous sommes laissés bercer et emporter par le jeu d’une grande douceur de Dimitri Malignan, avec son exécution fluide qui commence par la légèreté pour monter ensuite en puissance comme un flot impétueux qui nous emporte, s’adoucit et reprend, tel le souffle de Chopin senti par Schumann. Il est admis que Schumann est le compositeur romantique le plus spontané avec une capacité à passer de la plus grande tendresse à une humeur sauvage, avec une énergie déployée avec un sens du rythme presque hypnotique. On retrouvait peut-être des éléments du style de Schumann dans la  Ballade n°1 de Chopin, le deuxième morceau du concert, lequel se terminait aussi avec Chopin : le Scherzo n°4, basé sur une chanson traditionnelle polonaise, un long fleuve tranquille avec des rapides moments passionnés. Le concert a été suivi d’un buffet-cocktail où nous avons eu la joie de retrouver nos deux musiciennes du concert précédent, Nicky et Noa, qui ont décidé de prendre la plume pour saga6t (voir l’article : “Nicky Purser et Noa Mick, sur la musique et leur métier”, du 27 octobre).

Frédéric Sausse

La musique romantique

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Tag(s) : #Article de presse

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