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Maison de l'Italie – l'Oratorio Della Madonna del Sole (Capodacqua - Arquata del Tronto)

Maison de l'Italie – l'Oratorio Della Madonna del Sole (Capodacqua - Arquata del Tronto)

Le 18 Novembre a eu lieu à la Maison de l'Italie un événement exceptionnel avec le concert de soutien organisé par le FAI pour financer la restauration de l'Oratorio Della Madonna del Sole (Capodacqua - Arquata del Tronto) qui a été détruit pendant les récents tremblements de terre. On se souvient qu’en août dernier un séisme d’une magnitude de 6,2 a secoué le centre de l'Italie et dévasté plusieurs villages, causant d’importants dommages et faisant de nombreuses victimes.

Fidèle à sa mission, le FAI (Fondo Ambiente Italiano) a organisé ce concert de soutien avec le concours de la Maison de L’Italie de la Cité et la Société Dante Alighieri, institution culturelle italienne pour l'apprentissage de la langue (à l’instar de l'Alliance française et du Goethe-Institut) et la promotion de la culture italienne. le FAI est une association a but non lucratif qui, depuis 1975, a restauré et ouvert au public plus de cinquante sites historiques et naturels. Et, depuis 2014, FAI France a commencé à organiser des événements pour la diffusion de l'art, de la culture italienne et à promouvoir les échanges culturels entre la France et l'Italie.
                    
Présenté par Roberto Giacone, le directeur de la Maison de l’Italie, et Romano Ferrari, président de FAI France, le concert avait lieu avec la participation de la pianiste et compositrice, Tiziana de Carolis, et de la soprano Théodora Cottarel. Il était accompagné d’un débat conduit par Michele Canonica, président de Dante Aligheri de Paris avec Massimo Nava, écrivain, éditorialiste du Corriere della Sera, et de a contribution exceptionnelle du commandant des Carabiniers Gianpietro Romano, expert du Ministère du Patrimoine et des Activités culturelles dans le service du représentant de l'Italie auprès de l'UNESCO pour la lutte contre le trafic d’oeuvres d’art et la protection du patrimoine.

L’exposé du commandant Romano a eu lieu pendant l’entracte séparant les deux parties du concert, avec la présentation d’un film décrivant l’implication de son corps dans la lutte contre l'acquisition de biens culturels exportés illégalement et pour la récupération de biens volés grâce à  un service spécifique : le Département du patrimoine culturel, créé en 1969 un an avant la Convention de l'Unesco établissant l’action sur le plan international. Les conflits qui sévissent au Moyen-Orient s’accompagnent, par exemple, d’une augmentation du trafic de biens culturels, essentiellement archéologiques, qui font l’objet de pillages à grande échelle et dont la vente contribue à financer le terrorisme (voir la résolution adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies le 12 février 2015). La structure actuelle des Carabiniers fournit un bureau central de contrôle, où est utilisée l'application iTPC, créé sur les appareils mobiles pour rendre accessible les données afin de lutter contre les dommages au patrimoine culturel et soutenir l'activité d'enquête de la protection visant à la récupération des œuvres d'art perdues.

Roberto Giacone directeur de la Maison de l’Italie et Romano Ferrari président de FAI France – Michele Canonica président de Dante Aligheri et le commandant Gianpietro Romano – Les personnalittés rassemblées au final

Roberto Giacone directeur de la Maison de l’Italie et Romano Ferrari président de FAI France – Michele Canonica président de Dante Aligheri et le commandant Gianpietro Romano – Les personnalittés rassemblées au final

La première partie du concert était composée de chants et de récitations, interprétés par la soprano Théodora Cottarel, accompagnée au piano par Tiziana De Carolis. Théodora Cottarel est née aux Etats-Unis de parents français mais elle se produit fréquemment en concert et en récital en Europe. Elle a déjà collaboré avec Tiziana De Carolis pour la création de ses compositions “Masques de Dualités Déconcertantes” dont des extraits seront présentés en seconde partie du programme. Issue d’une famille où la musique n’avait pas de place particulière, Tiziana De Carolis y est venue pourtant, comme poussée par la volonté d’une bonne fée. Elle a commencé le piano très jeune et à 17 ans elle a commencé à donner des cours particuliers puis est venue à Paris.

Le récital a commencé avec l’Ave Maria de Caccini (le plus connu avec ceux de Schubert et de Gounot (parmi un répertoire de plus de mille pièces qui s’intitulent ainsi) où le timbre chaleureux de la cantatrice s’alliait à une puissance qui lui faisait monter facilement dans les aigus. Ensuite, avec Piango, gemo, sospiro de Vivaldi, sa voix chaude apportait plein d’émotion à la musique du grand compositeur. Le morceau suivant : O cessate di piagarmi de Scarlatti, apportait intensité et vigueur, pour finir avec Nebbie de Respighi, un morceau sombre, perçant et tragique. Le tragique se retrouvait aussi ensuite dans la  fameuse fable de La Fontaine “le chêne et le roseau”, mise en musique par Tiziana de Carolis et transformée en opéra par la voix de la cantatrice. Le dernier poème chanté “le bocal” racontait une histoire étrange, qui se déroulait interminablement.

Après l’intervention du commandant Romano, le concert a repris avec Tiziana de Carolis au piano pour nous interpréter ses composition extraites de l’album Dualités et de son univers musical. Comme elle l’explique elle-même, sa musique s’est nourrie de visions, de contemplations d’oeuvres picturales, de sculptures qui l’ont « mise en résonance ». Elle nous entraîne dans un monde où les sens s’interpénètrent que l’on trouve illustré dans le sonnet de Charles Baudelaire Correspondances « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. » (les correspondances, sont aussi appelées « synesthésie » (sur la synesthésie voir l’article du 7 octobre 2016 : Duo de harpe et de violoncelle au Goethe Institut : Eugen Prochac et Katarina Turner – de notre envoyée spéciale Mayuko Ishibashi). Tiziana de Carolis présentait quatre de ses compositions, sans doute exemplaires de son travail. Le premier morceau  “Androgynous” était légèrement jazzy, alors que le second “Black & White” était de style beaucoup plus classique. Ensuite “Secret mumurs” qui évoquait la forêt, nous ramenait au contemporain. Le dernier morceau “Phosphoros” amenait un puissant symbolisme en faisant référence au Lucifer d’avant le christianisme (celui qui rayonne de lumière) en opposition à Satan, d’où la dualité et l’utilisation d’accords dissonants.

Tiziana de Carolis et Théodora Cottarel

Tiziana de Carolis et Théodora Cottarel

Mais pour la fin du concert nous avons vu revenir  Théodora Cottarel avec un morceau très connu de Puccini “O mis babbino caro” (voir l’article du 21 août 2016 : Une star est née – Amira Willighagen la Maria Callas du 21ème siècle) qu’elle a interprété d’une manière assez académique, sans grands effets de voix, simple et efficace. Pour revenir, rappelée par le public, en reprenant le même morceau, un peu plus legato.

Frédéric Sausse

Tag(s) : #Article de presse

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