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Art plastique à la Résidence André de Gouveia

Art plastique à la Résidence André de Gouveia

C’est à la Résidence André de Gouveia, dans le décor improbable de l’exposition “Le style c'est l'homme” selon la fameuse formule de Buffon dont la traduction plastique se révélait quelque peu énigmatique (se référer à Stéphanie Lagarde, Pieter van der Schaaf, Virginia Valente, Guillaume Vieira), entre le four à micro-ondes et la bétonneuse, qu’à eu lieu, ce 18 septembre dernier, le concert de piano à quatre mains de Joana Resende et Fausto Neves.

Il s’agissait d’une rencontre événementielle peu ordinaire ! La salle, entièrement recouverte de couvertures de couleur blanche (ou presque) arrangées de façon à évoquer des montagnes enneigées, était parsemée d’objets d’art conceptuels, comme des pains cuits à l’ancienne ou une bétonneuse (à laquelle même Duchamp n’avait pas pensé) auxquels il convient d’ajouter le piano qui, même s’il ne faisait pas partie, au départ de cet assemblage hétéroclite aurait très bien convenu comme objet d’art plastique s’il n’était avant tout l’instrument de l’art musical qui était présent aux côtés de l’art plastique, grâce aux quatre mains de nos pianistes.

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Le public dansle cadre de l’exposition “Le style c'est l'homme”

Le public dansle cadre de l’exposition “Le style c'est l'homme”

Fausto Neves, un soliste à la base, et Joana Resende, plutôt une accompagnatrice de chant classique, ont travaillé environ cinq ans en duo et, après de nombreux concerts au Portugal font ressortir le travail commun. Le concert était marqué par la variété audacieuse du répertoire avec trois compositeurs français : Erik Satie, Claude Debussy et Maurice Ravel et trois compositeurs portugais : Fernando Lapa, Fernando Lopes-Graça et Osvaldo Lacerda avec ses rythmes brésiliens.

Malheureusement, au contraire des deux pianistes, le piano n’était pas très bien accordé. Ce défaut était en quelque sorte atténué par les couvertures répandues dans la salle qui amortissaient le son, adoucissant la discordance un peut stridente mais ne facilitant pas non plus la bonne écoute. Nous avons commencé avec la Belle Excentrique d’Erik Satie, qui donnait parfois l’impression d’un manque de couleur, mais on se rattrapait avec à la Petite Suite de Debussy et surtout avec la mère L’Oye de Maurice Ravel, chacun des cinq morceaux avait une couleur différente. Dans la seconde partie consacrée au compositeurs portugais, le Storyboard de Fernando Lapa présentait des sonorités très modernes et après le long passage des Mélodias Rusticas Portugesas de Fernando Lopes-Graça, où l’on a retrouvé l’interprétation ensoleillé du Portugal, le morceau Brasiliana d’Oswaldo Lacerda, s’est déroulé sur un rythme rapide qui passait au-dessus des faiblesses du Piano.

 

Joana Resende et Fausto Neves

Joana Resende et Fausto Neves

Le jeu à quatre mains, que certains considèrent comme n’étant pas adapté au clavier, fait passer en fait le piano d’instrument mélodique à instrument symphonique. C’est une technique bien particulière qui exige un doigté impeccable et, à la différence du concert à deux piano qui installe une communication basée sur une pensée commune, le piano à quatre mains demande qu’il n’y ait pas de différence de musicalité, comme si deux cerveaux n’en faisaient plus qu’un. Le concert nous a révélé que les artistes s’étaient bien entraînés à cet exercice.

Frédéric Sausse

Tag(s) : #Article de presse

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