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Selon le Global Terrorism Index, le coût annuel des attaques terroristes atteint les 50 milliards de dollars. Ce qui n’est sans doute que la partie émergée de l’iceberg mais suffit déjà à mesurer l’effet négatif, l’ampleur du mal dont souffrent les sociétés démocratiques. Cependant, comme nous l’apprend la dialectique hégélienne et ses trois moments, le moment négatif se divise lui-même en deux : opposition extérieure et division intérieure qui permet de dégager ce qu’il y a d’intelligible dans la réalité sensible en passant à la négation de la négation : ce qui exclut doit aussi inclure en tant qu’opposé (Aufhebung).

Tout se développe, selon Hegel, dans l’unité des contraires : le terrorisme, avec son terreau, s’oppose à son contraire le terroscepticisme et ce mouvement est la vie du tout. Donc, toutes les réalités se développent par ce processus et le coût du terrorisme trouve son opposition synthétique dans les bénéfices du terrorisme.

D’abord bénéfices pour l’Etat, par une nouvelle convocation des états généraux : état d’urgence, état de siège, état fébrile, état policé, Etat dans l’Etat, Etat dans l’état... etc. Et au niveau de la société toute entière la prise de conscience : le citoyen reviendra aux armes (air connu), certains seront armés de leurs bonnes intentions et d’autres de leurs mauvaises, mais le résultat sera que tout le monde se retrouvera armé pour faciliter la résolution de conflit sans recours à la justice, ou seulement en dernier ressort.

Mais le phénomène, de loin, le plus important est l'apparition de nouvelles formes d'expression artistique. Pour les comprendre nous devons remonter aux ready-mades (voir 1ère photo, ci-dessous) inventés par Marcel Duchamp en 1913, dans la droite ligne du dadaïsme qui cherchait à atteindre la plus grande liberté d'expression, en utilisant tout matériau et support possible. Le mouvement Dada peut d’ailleurs servir de charnière entre l’art moderne et l’art contemporain, avec ses déclinaisons que sont le Pop art, le Sreet art, mais aussi et surtout le Land art, apparu en 1968 (dont la motivation première était de rompre avec l'art de chevalet et les principes du Modernisme) car c’est un de ses artistes majeurs : Christo, qui a donné à l’Art conceptuel de Duchamp sa dimension monumentale en emballant le Pont-Neuf en 1985 (voir 3ème photo, ci-dessous). Comme il s’en expliquait “Il faut créer le sentiment de l’éphémère : le projet va partir, il faut se dépêcher d’aller le voir.” Ceci s’applique parfaitement à ces éphémères grands-monuments-drapeaux (voir 2ème et 4ème photos, ci-dessous) qui viennent d’apparaître, un peu partout dans le monde, en réponse aux attentats et qui introduisent enfin l’Art conceptuel dans le Postmodernisme par la combinaison de plusieurs éléments culturels, éventuellement antagonistes.

Etant donné l’importance des forces en présence : le parti terroriste et le parti terrosceptique, ce nouveau mouvement esthétique est parti pour se développer et trouver son marché. Comme l’expliquaient les emballeurs du Pont-Neuf : “Nous sommes nos propres marchands. Nous vendons nos œuvres aux musées, aux galeries, aux collectionneurs. Nous vendons les dessins, collages, maquettes des projets en cours ou d’autres plus anciens que nous avons gardés.” Mais, lorsqu’un secteur, en tant que classe d’actifs, rencontre les faveurs des investisseurs, il attire également les fraudeurs et les criminels. Aussi faut-il s’attendre, à côté de bénéfices économiques considérables, à des difficultés supplémentaires car le commerce des oeuvres d'art est l'un des moins contrôlables. De fait, la valeur de l’art est essentiellement subjective, donc difficile à déterminer, alors que les sommes en jeu sont souvent considérables. Et pour preuve, signalons que le 17 novembre 1999 Sotheby's a vendu aux enchères, pour 1 762 500 dollars, la Fontaine de Duchamp à Daskalopoulos un homme d'affaires grec qui déclarait : “cela représente les origines de l'Art contemporain”. Encore faut-il préciser que pour cette somme, il ne s’agit pas de l’original, qui a disparu, mais d’une des 17 répliques de Schwarz.

Donc, ces monuments d’Art conceptuel postmoderne (voir 2ème et 4ème photos, ci-dessous) ont vocation, à terme, de créer un nouveau marché spécifique. Aussi, pour pouvoir contrer efficacement les opérations de blanchiment et de fraudes fiscales qui s’y grefferont inéluctablement, ils va falloir créer de nouvelles cellules de repérage et recruter ou former un nouveau personnel spécifique pour surveiller les implications de la diffusion de ces nouvelles formes artistiques, de même qu’en étudier l’économie afin de prévenir d’éventuelles dérives mafieuses. Ce qui offrira de nouveaux débouchés professionnels aux diplômés de l’École du Louvre et se révélera, in fine, bénéfiques pour les services de renseignements.

un ready-made et sa version postmoderne ........................ l'Art conceptuel et sa version postmoderne

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Tag(s) : #Dossier secret

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