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Une réunion de rédaction au Washington Post, la même dans le film Les Hommes du Président, les journalistes avec leurs intérprètes

Une réunion de rédaction au Washington Post, la même dans le film Les Hommes du Président, les journalistes avec leurs intérprètes

Il existe bien des écoles de journalisme, mais la majorité des journalistes ont appris leur métier sur le tas, et même ceux qui sortent des écoles ne deviennent officiellement journaliste professionnel qu’après avoir travaillé dans un journal pendant un an. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.

La raison en est qu’il n’y a pas de corpus de savoir spécifique du journalisme. Il faut bien sûr savoir s’exprimer et maîtriser la langue, mais ce n’est pas spécifique au métier de journaliste. Il s’appuie plutôt sur une inclination ou une vocation, un état d’esprit. « la curiosité est un vilain défaut ! » dit-on parfois bêtement aux enfants – la curiosité est la qualité première du journaliste, le reste vient de lui-même.

On n’est pas journaliste comme on est musicien. On est journaliste et musicien, musicologue, ingénieur, économiste, psychologue, criminologue, voire même explorateur ou aventurier, etc. Théophraste Renaudot (1586-1653), considéré comme le fondateur de la presse française pour avoir lancé sa Gazette le 30 mai 1631, était médecin. Le journaliste, a ceci de commun avec le policier – mais la ressemblance s’arrête là – d’assumer le rôle de celui qui pose les questions. Mais après cela, il doit fournir des réponses, c’est un enseignant mais d’un genre tout à fait particulier. Le professeur enseigne ce qu’il connaît, en principe, depuis longtemps à partir d’un savoir accumulé patiemment au fil des années, dans un domaine particulier. Le journaliste, lui, est constamment amené à expliquer, ou raconter, ce qu’il a appris deux jours ou deux heures plus tôt.

Pour cette raison, c’est un colibri du savoir. Il cherche toujours la nouveauté et, dans le jeu de la concurrence, l’information exclusive qu’on appelle aussi le scoop (du nom de l’Agence SCOOP) : ce dont personne n’a encore parlé. Il ne peut pas s’ennuyer, il part à la pêche aux informations, il est toujours sur la piste d’une nouvelle histoire, il parle à tout le monde et de tout le monde. Il est envié et méprisé (un fouille-merde), courtisé et craint car il peut parler de vous pour le meilleur ou pour le pire.

Souvenez-vous de l’affaire du Watergate (relatée dans le livre et le film : Les Hommes du Président) où deux journalistes du Washington Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, ont acculé le Président des Etats-Unis à la démission. Evidemment cela ne s’est pas fait tout seul, l’enquête a duré des mois et les deux reporters risquaient gros, mais leur ténacité et ce qu’on peut même appeler leur génie, en tout cas leur savoir-faire, a emporté le morceau. Il n’y en avait pas de plus gros que le Président.

Théophraste Renaudot, Ernest Hemingway àParis avec son ami Gary Cooper, Joseph Kessel, Gunter Wallraff, George Sand

Théophraste Renaudot, Ernest Hemingway àParis avec son ami Gary Cooper, Joseph Kessel, Gunter Wallraff, George Sand

Parmi les journalistes célèbres il y a, bien sûr, Ernest Hemingway (1899-1961), cet immense écrivain, qui prendra part à la guerre d'Espagne, comme journaliste aux côtés des Républicains. De cette expérience il tirera le roman : Pour qui sonne le Glas, qui le rendra célèbre. Mais Hemingway incarne aussi l’anticonformisme, comme par exemple quand il a “occupé” l’hôtel Ritz à la libération, avec ses copains de la presse de l’armée américaine. Il y a laissé un excellent souvenir, bien cette bande de joyeux drilles se comportait comme une troupe de gamins turbulents, faisant des trous dans les tapis avec les cendres de leurs cigares et piquant tout les cendriers – des manières tout à l’inverse celles des précédant occupants qui étaient “korrekt” et même un peu trop collet-monté. Hemingway est indissociable du Ritz car en 1928 il y avait laissé par mégarde une malle pleine de notes, qui lui ont été rendues en 1956 et ensuite publiées en 1964 par sa veuve sous le titre A Moveable Feast (Paris est une fête) – ce qui résume en une phrase l'attachement que Hemingway avait pour Paris.


Un autre exemple de journaliste aventurier est Joseph Kessel (1898-1979), reporter et grand romancier français, connu en particulier pour Le Lion (1958) et Les Cavaliers (1967). Kessel appartenait à la grande équipe de Pierre Lazareff à Paris-Soir, qui fit l’âge d’or des grands reporters. Lui aussi présent à la guerre d'Espagne comme correspondant de guerre, de même que pendant “la drôle de guerre” pour, après la défaite, rallier la Résistance et ensuite rejoindre Londres et le Général de Gaulle. François Mauriac dans son Bloc-notes en parlera en ces termes : « Il est de ces êtres à qui tout excès aura été permis, et d’abord dans la témérité du soldat et du résistant, et qui aura gagné l’univers sans avoir perdu son âme. »


En remontant un peu en arrière nous trouvons George Sand (1804-1876), baronne Dudevant, Maîtresse, entre autres, de Chopin, auteur de pièces de théâtre, de contes, des nouvelles et de plus de soixante-dix romans, mais aussi critique littéraire et journaliste. Dans ses écrits politiques elle prend la défense des femmes et lutte contre les idées conservatrices. Elle devient journalistes au Figaro en 1931 ce qui ne sera pas incompatible avec un engagement politique très à gauche qui l’amène à partir de 1848 à participer au lancement de trois journaux : La Cause du peuple, Le Bulletin de la République et l'Éclaireur.

Enfin on ne peut pas parler de journalisme sans citer l’extraordinaire Günter Wallraff, un journaliste d'investigation allemand né en 1942, qui a atteint une célébrité retentissante, avec une méthode d'enquête tout à fait particulière, parfois qualifiée de « wallraffienne ». Son investigation est basée sur une expérience personnelle authentique, obtenue par une infiltration dans le milieu ciblé à l’aide d’une identité fictive. Avec cette méthode, digne des romans d’espionnage, il a rassemblé les matériaux de plusieurs livres dénonçant des situations sociales très dures et essayant d’exposer au grand jour le fonctionnement caché de la société.

Mais à côté des reporters en chair et os, il y aussi les autres, ceux qui sont sortis tout droit de l’imagination des romanciers et surtout des auteurs de bande dessinée. Qui ne connaît pas Tintin, la quintessence de l’aventure ? Et l’extraordinaire Roulletabille ! le journaliste Sherlock-Holmestique du Mystère de la Chambre jaune de Gaston Leroux. Et puis ceux de Franquin : l’émouvant Fantasio, le colérique mais angélique Prunelle, toute l’équipe de rédaction qui les entoure, sans oublier ces dames : l’inénarrable Seccotine, qui travaille comme Fantasio au Moustique (journal), et la fantastique Jeannette Pointu qui fait des reportages dans le monde entier.

Tintin (1 et 2), Fantasio, Prunelle, Seccotine, Jeannette Pointu, Joseph Rouletabille

Tintin (1 et 2), Fantasio, Prunelle, Seccotine, Jeannette Pointu, Joseph Rouletabille

Alors pourquoi laisser l’aventure aux autres ? Vous pouvez devenir journaliste en rejoignant l’équipe de saga6t qui vous accueillera chaleureusement, pour un article ou pour de bon. Vous pourrez dans un stage, (gratuit pour tout le monde) apprendre le métier et briller des feux que vous portez en vous. Laissez-vous tenter, contacter-nous à saga6t@free.fr ou par l’intermédiaire d’OverBlog.

L’équipe de saga6t

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