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Amelie Aldner, Quatuor Current

Amelie Aldner, Quatuor Current

Créé à Oslo en 2010, le Quatuor Current avait le projet de renouveler la musique pour saxophone. Outre leur concept intitulé NjuNordiX avec de nouvelles compositions nordiques, le quatuor présente un répertoire allant de la musique baroque à la musique romantique. Actuellement en France, il fait des tournées dans toute l’Europe : Angleterre, Espagne, Danemark et Finlande, avec ses musiciens : Fredrik Bradstorp Olsen, Åshild Henriksen, David Kolden et Erik Aldner, auxquels s’adjoint une chanteuse d’opéra, la mezzo-soprano suédoise Amelie Aldner leur « bête de scène », comme il disent en référence à son engagement de soliste à l’Opéra national de Norvège.

Ce mercredi 23 mars, le programme a commencé, comme de juste, avec le quatuor à cordes nº 12, “l’Américain” composé par Antonin Dvořák, qui était alors directeur du Conservatoire de New York et vivait sur la 1ère avenue, pendant ses vacances d’été de 1893 à Spillville dans l’Iowa, peuplé d’une importante colonie tchèque. Ainsi, comme dans l’autre oeuvre la plus connue de Dvořák : la neuvième symphonie, dite “du nouveau monde” ce n’est pas seulement l’Amérique qui est évoquée, mais également l’Europe centrale. Cependant l’Amérique revient en force grâce aux saxophones qui sont les instruments emblématiques du jazz mais qui grâce, au talent du Quatuor Current, transpose aisément la musique romantique de Dvořák dans un style plus moderne – nous avons navigué au gré des accords entre les deux continents.

Ensuite, nous avons eu les Rückert-Lieder, cinq lieder composés par Gustav Mahler en 1901 sur des poèmes de Friedrich Rückert : “Blicke mir nicht in die Lieder, Ich atmet' einen linden Duft, Ich bin der Welt abhanden gekommen, Um Mitternacht et Liebst du um Schönheit”. Qui a été l’occasion pour la mezzo-soprano de déployer son chant avec une énergie impressionnante. Elle semble sortir directement de la mythologie germanique, tout spécialement quand elle chante en allemand.

Est venue après une pièce tout à fait particulière, d’Øyvind Brække : le quartet de Sassofono, composée pour eux à partir d’un tango d’Astor Piazzola que l’on retrouve bien effectivement par moment dans la mélodie. Et juste après, afin de déployer toute la palette de leur talent et rester avec Øyvind Brække ils nous ont interprété son arrangement de “Fanitullen” un air traditionel Norwegien que l’on joue en tapant du peid, ce qui n’est pas sans rappeler les rythmes du folklore breton.

Et pour finir, afin que la France soit aussi à l’honneur, Amelie Aldner nous a offert “l’Habanera” de Carmen, le fameux couplet sur l’amour, qu’elle a interprété de façon très théâtrale en allant chanter près de l’audience et elle a même soufflé son couplet dans l’oreille d’un jeune homme de l’assistance qui en devenu rouge comme une tomate.

Très beau concert en vérité ! Mais la qualité des musiciens norvégiens en général, et de ceux-là en particulier n’est pas un scoop. En revanche, l’information exclusive est ici que la Norvège souffre d’un climat extrêmement sec que nous avons, impuissants, vu s’assécher encore au cours des dernières années, sans doute par l’effet dévastateur du réchauffement climatique qui mène naturellement à la désertification. Et malgré la présence, torride de surcroît, d’une Valkyrie, foin de mythologie nordique, point d’invités au banquet d’Odin, les populations assoiffées sont parties rapidement étancher la soif de leur gosier aride sans perdre de temps à gaspiller ce qui leur restait de salive en discutant avec les musiciens.


Frédéric Sausse

Valkyrie d'Edouard Robert Hughes, détail, et Amelie Aldner avec le Quatuor Current

Valkyrie d'Edouard Robert Hughes, détail, et Amelie Aldner avec le Quatuor Current

Tag(s) : #Article de presse

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