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Ambrogio Lorenzetti. Les Effets du bon Gouvernement

Ambrogio Lorenzetti. Les Effets du bon Gouvernement

Il faut toujours se rappeler que catholique, du grec ancien katholikós (καθολικός) signifie universel et s’adresse donc à la terre entière, à l’humanité toute entière. Cela, sans qu’il soit besoin de recadrer le concept dans l’oecuménisme, qui appelle, après la désunion, à l’union de tous les chrétiens et même avec les autres religions, et que l’Eglise catholique a rejoint en 1964 avec le Vatican II convoqué par Jean XXIII. L’Eglise l’a ensuite mis en oeuvre avec la première réunion internationale inter-religieuse d’Assise, en 1986, réunissant près de deux cents représentants de diverses religions. Impulsée par Jean-Paul II cette rencontre a amélioré sensiblement les relations du catholicisme avec les orthodoxes, les anglicans, les protestants, les juifs et les musulmans.

Alors, l’Eglise est-elle une internationale dont le Saint Siège serait le Bureau Catholique International à l’instar du Bureau Socialiste International ? Pourquoi pas ! Il faut seulement rappeler qu’en pareil cas elle aurait quelque deux mille ans d’avance puisque dès le premier siècle, l’apôtre Paul abolissait les nations dans ses épîtres (Galates 3:28 Colossiens 3:11) : “Il n'y a ni Juif, ni Grec...” et dans 1a 1ère épîtres aux Corinthiens (1:10) : “Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment.” Ce qui correspond aux paroles même de Jésus : “Père que tous soient un afin que le monde croie que tu m'as envoyé” (Jean 17:21).

Avec d’aussi bonnes raisons, l’Eglise se présentait, au début du 20ème Siècle, comme la seule et véritable internationale. Et dans son encyclique Summi pontificatus de 1939 (sous-titrée : De l’unité du genre humain) le pape pie XII lui-même met en cause le nationalisme : “La conception qui assigne à l'Etat une autorité illimitée est une erreur [...] elle cause également du tort aux relations entre les peuples, car elle brise l'unité de la société supranationale.”

Il faut en venir au Pape François, 4 fois 1er, premier à prendre ce nom de (en référence à saint François d'Assise) premier issu de la Compagnie de Jésus et premier pape non européen depuis le 8ème siècle, de même que premier pape venu des Amériques. Dont on dit qu’il a remis l’Eglise dans le jeu international, d’une part en rencontrant les patriarches orthodoxes mais aussi en prenant clairement position contre le pouvoir de l’argent au niveau mondial, qualifié de “fumier du diable” selon une expression de Basile de Césarée, un ascétique précurseur du christianisme social, du 4ème siècle.

Mais l’idéal de l’internationalisme catholique peut être évalué par sa capacité à faire face à des difficultés concrètes. C’est pourquoi il ne doit pas être opposé fondamentalement et systématiquement à son grand rival du 20ème siècle : l’internationalisme prolétarien. Car nombre de chrétiens ont, par leurs actions, établi un pont entre les deux. Il faut citer pour commencer les prêtres ouvriers desquels, dans le contexte de la guerre froide, l'Église redoutait un rapprochement avec Parti communiste français. Mais qui, après Vatican II, ont été de nouveau autorisées, en 1976, par le pape Paul V et qui atteindront les 800 en France, sous la responsabilité de la Mission ouvrière. Parmi les francs-tireurs, on distingue en particulier Simone Weill, agrégée de philosophie et ouvrière en usine, combattante de la guerre d’Espagne qui, après sa conversion à Assise en 1938, ayant rejoint la France libre du Général de Gaulle, voulait encore participer au combat en France occupée. Nous pensons aussi au groupe résistant : la Rose Blanche, et en particulier à Sophie Scholl et son frère Hans, qui, refusant l'hitlérisme par humanisme, ont pris contact avec l'Orchestre Rouge, le réseau soviétique... Ils seront condamnés à mort le 22 février 1943 à Munich et guillotinés le jour même. Avant de mourir ces chrétiens protestants ont voulu devenir catholiques. La République Démocratique allemande leur a rendu hommage en émettant un timbre à leur mémoire.

Tag(s) : #Billet

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